La tradition

L’Ardia est une course effrénée à cheval en l’honneur de Saint Constantin, qui se déroule toutes les années à Sedilo, le soir du 6 juillet et se répète le matin du 7 juillet.

Elle est guidée par un cavalier, « il capocorsa, sa prima pandela », suivi par deux autres cavaliers, et de trois escortes qui représentent Constantin et son armée.

Environ 100 cavaliers y participent, ils représentent les païens guidés par Maxence.

Tout commence avec l’inscription dans un registre spécial dont le contenu est seulement connu du curé du village, des garçons qui veulent faire le capocorsa (cavalier à la tête de la course).

Les garçons s’inscrivent très jeune, soit par la passion des chevaux, soit suite à une promesse faite à Saint Constantino. Plusieurs années peuvent s’écouler avant qu’ils soient choisis, par le curé, en suivant l’ordre chronologique de l’inscription.

Le curé choisit le capocorsa, (la première pandela), dans la période de la fête de Saint Antoine, le 16 janvier, son nom reste secret.
Le capocorsa, choisit à son tour deux autres personnes, (la deuxième et la troisième pandela), deux personnes estimées et fiables qui l’accompagneront, (c’est presque comme choisir les témoins pour son mariage!).
Chacun des trois pandele devra choisir une escorte, (un cavalier par pandela) qui auront le devoir ardu de tenir en respect les cavaliers pour qu’au moment du départ, ils ne dépassent pas les capicorsa.

Les noms des pandele resteront secrets jusqu’au 15 mai, jour de Saint Isidore, où, pendant la Messe, le curé fera une annonce solennelle et les trois pandele feront leur première sortie officielle pour la procession.

Le 29 juin, jour dédié aux Saints Pierre et Paul, les trois capicorsa répètent officiellement le parcours de l’Ardia avec leurs chevaux.
Le jour suivant, les autres cavaliers peuvent également essayer le parcours de l’Ardia.

Le dimanche qui précéde la fête, est consacré à la préparation des cartouches, balles à blanc, qui seront utilisées par les fusiliers de l’Ardia pendant la course. Les tirs auront le devoir d’avertir les fidèles qui se trouvent dans le sanctuaire de l’arrivée de l’Ardia et de guider les chevaux pendant le parcours.

La fête commence le 5 juillet par une Messe célébrée l’après-midi au sanctuaire.

Le matin du 6 juillet, les trois pandele et les cavaliers qui participeront à la course et les centaines de fidèles participent à la Messe solennelle.
Les pandele descendront au sanctuaire à cheval en ayant pris soin de prendre des chevaux différents qu’ils utiliseront le soir pour l’Ardia, pour éviter ainsi que les animaux s’agitent ou qu’ils ne se fassent mal.
Pendant la Messe et de la bénédiction solennelle, le prêtre, invoque le Saint pour qu’il protège les cavaliers pendant la course.

Le soir de 6 juillet, tous les cavaliers se rendent à la maison de la première pandela pour se rendre ensuite tous ensemble à la place de l’église où les drapeaux seront remis et où aura lieu la bénédiction. Ensuite la procession se dirige vers le sanctuaire, ouverte par la fanfare musicale et guidée par le curé et le maire à cheval. Ils seront escortés par deux carabiniers en uniforme.
Arrivé au haut de la rue qui va à l’église, “su fronte mannu”, le curé bénit une seconde fois les cavaliers. Ces derniers continuent leur descente jusqu à “su frontigheddu” où ils reçoivent une troisième bénédiction. À ce point, le curé, le maire et les carabiniers se rendent à l’église tandis que les chevaux attendent, frémissants, le moment du départ.
Les fusiliers tireront en blancs pour indiquer au capocorsa l’arrivée du curé et du maire à l’église et, ceci sera le signe qu’il peut partir.

Dès cet instant les yeux de tous sont fixés sur la première pandela qui, d’un moment à l’autre, peut décider de partir.

Le moment du départ est émouvant soit pour celui qui court l’Ardia, soit pour celui qui la regarde, car commence alors une course effrénée qui laisse tout le monde avec le souffle coupé.

La première pandela décide de partir et, donne un signal aux deux autres. Le capocorsa encourage son cheval pour la descente raide. Puis il passe sous l’arc pour arriver à l’église. Derrière lui les 100 chevaux qui, entre la poussière et le bruit des sabots, essayeront de rester derrière lui le plus près possible.
Arrivé à l’église, ils feront des tours au pas, d’habitude 5 ou 7 tours, de toute façon ça doit être un numéro impair, et à chaque tour les trois pandelas s’arrêteront devant l’église pour faire le signe de la croix, (symbole de Constantin l’avait protégé dans la lutte contre Maxence en le portant à la victoire).
Quand la première pandela le décide, les chevaux continuent leur course en bas de l’église vers ” sa muredda ” où des tours seront effectués dans le sens des aiguilles d’une montre, puis en sens inverse, pour revenir en haut de l’église en concluant ainsi l’Ardia.

À la fin les pandele participent à la Messe de remerciement, puis reviennent au village annoncés par les fusiliers où la foule les attendent presque comme des vainqueurs d’une bataille.

Le matin du 7 juillet tout se répète, dans une atmosphère plus sereine et familière. Puis le soir, une procession a lieu en l’honneur du Saint.

Qui ne sait pas ou ne peut aller à cheval, participera à l’Ardia à pied. Celle-ci a ses capicorsa et ses escortes, une de plus par rapport à l’Ardia a cheval.

La course se déroule de la même manière que celle à cheval mais ce sera une fête pour tous les garçons et les filles, enfants et fillettes, adultes et personnes âgées qui osent se risquer dans la course. L’atmosphère est plus sereine mais tout autant émouvante, surtout pour celui qui guidera la course.

L’Ardia a pied a lieu deux dimanches après celle à cheval.